Thursday, May 7, 2009

Un début modéré

Les esprits parisiens prennent leurs essor après avoir écrasé un des symboles les plus impressionnants et comminatoires du pouvoir absolu, l’autorité totale et l’oppression. Une démonstration qui demeurera toujours dans les cœurs fiers des Français… la prise de la Bastille !

Il y a 2 jours, je visitais la Bastille avec l’intention d’écrire un article sur cette prison célèbre et symbolique. Je me promenais dans les tours, causais avec le gouverneur de la garnison Bernard de Launay et observais les soldats suisses qui renforçaient les murs. Apparemment ils avaient été prévenus d’une petite révolte d’environ 100 hommes qui allait avoir lieu bientôt. Le gouverneur m’a confié qu’il se doutait de la réalité de ces rumeurs, mais il avait eu des ordres et fallait les suivre.

A environ 15 heures, nous nous sommes assis pour diner. La nourriture était succulente. Nous étions juste en train de commencer le poulet frit au citron lorsque nous avons entendu des cris violents résonner dans les corridors et un soldat effrayé s’est précipité dans la salle à manger. « Messieurs, ils sont arrivés !! » Immédiatement la frénésie a éclaté. Des gens couraient ici et là et des ordres ont été hurlé à haute voix. M. de Launay est accouru au parapet pour voir ce que dont on parlait et, comme votre correspondante dévouée, bien sur, je l’ai suivi. Mais rien n’aurait pu me préparer pour la vue qui m’a sauté aux yeux.

Des milliers de parisiens entouraient la Bastille, remuant et mijotant comme une colonie de fourmis enragés. Ils étaient armés jusqu’aux dents et ils criaient « Nous voulons la Bastille !! ». Leurs voix faisaient presque trembler les murs épais de la forteresse ancienne. Le visage du gouverneur, cependant, est resté implacable, sauf pour quelques lignes de consternation vagues qu’on pouvait juste discerner. Cependant je pouvais voir dans ses yeux de la détermination et du courage. Après plusieurs minutes de confusion et de conversations, un petit groupe de personnes ont été admis dans à l’intérieur pour présenter leurs demandes avec ce dernier. J’étais là pour la discussion et j’étais choquée par l’arrogance et, même, la stupidité de Launay ! À la place d’accommoder aux requêtes de la foule (de la poudre à canon), il a fait semblant qu’il avait encore le contrôle, que sa Bastille précieuse pouvait résister à cette attaque. Quel homme insupportable ! Pendant ce temps, la foule dehors devenait de plus en plus impatiente. Quand les nouvelles ont sorti que le gouverneur a refusé, une vague de colère a passé à travers le peuple et les cris se sont élevés à nouveau, assourdissants. Après ce moment tout s’est déroulé vite et sans arrêt.

Tout d’un coup, comme par miracle, le pont-levis s’est ouvert et un torrent puissant de personnes s’est déclenché. Remplissant la cour principale, on a pu voir la foule… je dirais 50 mille personnes au moins !!

« La foule entra tout à coup, on nous désarma dans l'instant, et une garde fut donnée à chacun de nous »
Louis de Flüe, chef des mercenaires suisses
La prise de la Bastille, un récit du 14 juillet 1789


Les soldats ont pris leurs positions et la bataille a commencé. Comme je n’aime pas le sang et la mort, c’est à ce moment que je me suis excusée. Le reste on m’a dit le lendemain : l’exécution du gouverneur de Launay, la prise d’un des canons et la libération des prisonniers. J’ai des émotions mixtes et embrouillés… je crois que je suis contente que le peuple ait finalement pris action, mais j’ai l’impression que toute cette violence aurait pu être prévenue si Bernard de Launay avait accepté les termes de la foule.

Pour vous donnez, mes chers anglais, un peu de perspective sur cet évènement influent, j’ai fait un tout petit peu de recherche sur la Bastille. Originalement, elle a été construite durant la Guerre de Cent Ans pour protéger la ville des attaques ; une forteresse et une citadelle pour les citoyens. Cependant, avec l’influence du Cardinal Richelieu, Louis XIII l’a transformé en prison. Depuis ce temps, les français ont demeuré dans la terreur de la Bastille. Pour n’importe quel crime commis, d’un meurtre à un vol, une personne pouvait être condamnée à la vie dans cette prison, sans aucune chance d’en sortir. Les « lettres de cachet » du roi ont renforcé cette peur et cette soumission extrême. En ayant dit cela, la prise de la Bastille représente beaucoup plus qu’une attaque d’une citadelle fameuse, mais l’abolition et la destruction d’un symbole de l’autorité et le pouvoir absolu. Je crois que cet évènement va prouver déclencheur et je peux sentir une révolution dans l’air.

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