Salut à tous les lecteurs de « La Chronique Parisienne »! Je m’appelle Elisabeth Winchester et je suis votre nouvelle correspondante ici, en France. Il y a trois semaines, je suis partie d’Eastbourne sur un petit bateau très chouette pour atteindre Le Havre. De là, dans un carrosse, j’ai pris la longue route jusqu’à Paris, la majestueuse capitale de la France. Mais cette ville si fameuse et romanesque m’a choqué. Dans quelques quartiers, la pauvreté, le chômage, la famine et la mendicité sont tous des aspects patents de la vie quotidienne. Dans d’autres, plus près de Versailles, le luxe et la richesse dominent. Des enfants jouent comme des animaux dans les rues où des seigneurs portant des manteaux en soie passent sur de beaux chevaux nobles et forts. Comment est-ce que cela pourrait avoir lieu? La condition de la France est affreuse. Pour mieux comprendre, j’ai fait un peu de recherche que j’aimerais partager avec vous.
À ce moment, la société de France est très surannée, surtout en comparaison avec notre beau pays, l’Angleterre. Le peuple est divisé en trois ordres importants. Le premier ordre est celui du clergé et représente seulement 0.5% de la population. Mais même si elle est l’ordre la plus petite, l’Église Catholique possède 1/10 de la terre à cause de leur taxe imposé, la dîme! Le deuxième ordre (environ 1%) est la noblesse. C’est un ordre (ou un état) diversifié, car il comprend les Grands Nobles (ducs, comtes, etc.) ainsi que la petite noblesse. Ces deux premiers états ont le titre de ‘privilégiés.’ Finalement, il y a le troisième ordre, les roturiers. La majorité de personnes qui forment cet état sont des paysans, mais environ deux millions sont bourgeois. Le Moyen Âge est très influent ici et on peut le voir de la société hiérarchique jusqu’aux méthodes anciennes d’agriculture comme la jachère. J’ai l’impression que quelque chose va devoir changer bientôt pour accommoder aux besoins de ce pays croissant à toute vitesse…
Mais ce n’est pas seulement la société qui revendique un changement, mais, en effet, tout le pays. Les tensions culminent dans l’air comme de gros nuages orageux. Le pays est en dette extrême (pour plusieurs raisons comme l’élargissement de Versailles et le soutient de l’Amérique dans la révolution américaine), la bourgeoisie demande plus de pouvoir, le chômage est partout et les croyances fondamentales commencent à être ébranlées.
Hier, quand je me promenais sur le long de la Seine, je me suis arrêtée dans un petit café très pittoresque. Là, en buvant mon café (et non pas thé ~ ici ils ne savent pas comment bien le préparer… ces français!), j’ai eu le plaisir d’entamer une belle discussion avec quelques philosophes très sages. Un d’entre eux venait de lire un livre intéressant sur la dîme royale. Il m’en a lu une partie et j’ai cru que c’était assez bon pour l’inclure dans mon article.
"Près de la dixième partie du peuple est réduite à la mendicité ; des neuf autres parties, il y en a cinq qui ne sont pas en état de faire l'aumône à celle-là, parce qu'eux-mêmes sont réduits, à très peu de chose près, à cette malheureuse condition ; que des quatre autres parties qui restent, les trois sont fort malaisées et embarrassées de dettes ; et que dans la dixième où je mets tous les Gens d'Épée, de Robe, Ecclésiastiques et Laïques, toute la Noblesse haute, la Noblesse distinguée, et les Gens en Charge Militaire et Civile, les bons Marchands, les Bourgeois rentés et plus accommodés, il n'y en a pas (un dixième) qu'on puisse dire être fort à leur aise." Vauban, La Dîme royale, 1709, cité dans Documents d'Histoire Vivante, Éditions Sociales [sans date]
La France est dans une situation extrême et affreuse. Comment est-ce qu’elle va résoudre ces enjeux variés et complexes? Il reste à voir.
No comments:
Post a Comment