Monday, May 25, 2009

Une réflexion sur la révolution


De nos jours, la Révolution Française n’est rien plus que quelques chapitres dans un manuel scolaire et plusieurs romans d’aventure superbes. C’est un évènement du passé, une période dans l’histoire qui s’estompe et se confond dans d’autres récits âgés et surannés. Cependant, je crois que ce qui a été accompli dans cette Révolution nous affecte plus qu’on ne le sait et il faut un peu de recherche pour s’en rendre compte.

Par exemple, nous vivons dans un pays complètement démocratique où la liberté, l’égalité et la fraternité sont des aspects fondamentaux de notre société. Mais d’où surgissent ces idées et ce mode de vie idéale? Pas de notre gouvernement canadien, c’est certain! Ces trois mots viennent directement de la Révolution Française. Même si nous prenons pour acquis ce système qui est la base de notre société, après avoir étudié la révolution nous sommes reconnaissants de la lutte qui a été faite. Ce n’a pas toujours été comme ça et personnellement je ne peux pas imaginer la vie sans ces principes. La même chose s’applique en ce qui concerne nos droits : des personnes vaillantes ont fait des sacrifices afin qu’on puisse les obtenir. Une dernière façon dont la Révolution Française a influencé notre société démocratique est, comme dit Emily Huser dans son blog : « Le club Girondin avec des idées plus conservateurs et le club Jacobin avec des idées plus radicales ressemblent aux partis Conservateur et Libéral aujourd'hui. »

Je crois que la Révolution Française est un sujet extrêmement important à étudier. Comme élève, je l’aime car c’est une partie de l’histoire intéressante et c’est la preuve que ce qu’on apprend en Sciences Humaines a, en fait, un rapport avec notre vie. Je crois que le nombre de livres, commentaires et films à propos de cette révolution est facile à expliquer. La Révolution Française était une période pleine d’action, de tensions, d’oppression, de révolte, de drame, de revanche, de punition et de changement. Tous ces aspects, mis ensemble, forment un très bon contexte pour formuler des histoires captivantes et excitantes. Dans « A tale of Two Cities », Charles Dickens utilise les symboles terrifiants de la révolution (comme la Bastille et la guillotine) pour ajouter de le suspens à son roman.

En faisant de la recherche sur la Révolution Française, j’ai approfondi ce que je savais déjà à ce sujet. J’ai lu plusieurs livres sur la révolution (tels que « A Tale of Two Cities » et « The Triumph of the Scarlet Pimpernel ») et ce projet m’a aidé à mettre ces histoires en contexte. J’ai appris beaucoup sur la Bastille, le procès de Louis XVI et les similarités qu’il avait avec Charles 1er. En gros, ce projet était très amusant et satisfaisant ~ j’ai beaucoup aimé me mettre dans le caractère de Elisabeth Winchester, une correspondante anglaise. Je ferais certainement ce projet encore!

La monarchie ? Abolie.


Tchounk ! Avec un bruit sourd la lame de la guillotine tombe. Un silence gêné et appréhensif se répand dans la foule ; personne n’ose être le premier à réagir. Même lorsque la tête sanglante est brandie de la plate-forme, les cris triomphants ne résonnent pas. Finalement un homme courageux hurle à toute voix : « Vive la république ! » La voix d’une deuxième personne joint le sien, puis une troisième, puis une quatrième. Dans quelques minutes la foule entière gueule leur cri sauvage et barbare de révolution. C’est l’exécution de Louis XVI, le roi de la France.

Mes chers lecteurs de « La Chronique Parisienne ». Vous vous demandez peut-être comment, dans seulement quelques années, la France aurait pu complètement anéantir la monarchie avec le procès et l’exécution de leur roi. En fait, je suis presque aussi étonnée que vous. Les évènements révolutionnaires filent à toute vitesse, presque sans contrôle. La révolution est devenue une bête sauvage et farouche qui n’a aucun maître. Mais pour vous informer sur les affaires qui ont mené à cette démonstration radicale, je devrais commencer avec ce que je considère le début.

Il y a environ 4 mois, le peuple s’était déjà tourné contre Louis. Sa tentative pleutre de fuir le pays a eu comme seul résultat la perte de confiance et de popularité du peuple. Le 10 août 1792 toute leur colère et tout leur mécontentement a éclaté. Une foule similaire à celle qui a pris la Bastille a attaqué les Tuileries (un palais splendide situé sur le bord de la Seine) et Louis et sa famille ont été capturés et mis dans la Tour du Temple, une prison. C’était une action très importante qui signifiait l’abolition de la monarchie. Dans la Tour, j’ai l’impression que Louis aurait pu vivre convenablement pour plusieurs années si, le 3 septembre, Verdun n’était pas attaqué et n’était pas tombée dans les mains de Brunswick. Cet évènement a parvenu à terroriser le peuple et plusieurs actions radicales ont été prises basées sur cette terreur (comme les fameux massacres de septembre, dont vous avez surement entendu parler, et la poursuite en justice de Louis XVI).

À ce moment, la Convention Nationale faisait face à un problème. Ne sachant pas quoi faire avec Louis, ils l’ont laissé en prison, espérant que tout le monde l’oublierait. Malheureusement, ce n’était pas le cas. Le groupe radical Jacobin n’était pas content à renoncer à leur vœu, la mort de Louis et ils ont forcé la Convention à prendre action et de s’occuper du roi. Sous cette pression extrême, la Convention a finalement consenti à devenir une cour et à juger Louis XVI.

J’avais la chance d’être à son procès, le 26 janvier. Coincé entre de gros hommes puants et laids, je pouvais juste entendre et voir ce qui se passait. Louis est apparu devant le juge avec son avocat de défense, De Sèze, qui a énoncé un discours émouvant et captivant pendant 3 heures. Durant tout ce temps, le roi est demeuré très résigné. J’avais l’impression qu’il savait en avance sa punition ; qu’il n’avait aucun doute de son destin. Ensuite, le procureur s’est éclairci la voix et a commencé son accusation. Les accusations étaient variés et prolongés : former une armée contre le peuple, gaspiller l’argent de la nation et tuer des citoyens français innocents, pour en nommer quelques-unes. Durant son interrogation, Louis ne s’est jamais fâché ou excité. Il essayait, je crois, de conserver son image pure et noble devant le peuple. Face aux accusations, soit il les niait ou il questionnait l’autorité de la cour. C’était, en fait, une stratégie intelligente car cette question d’éthique (si on pouvait juger un roi ou non) résonnait fortement dans les cœurs des citoyens français. La manière dont il se comportait me rappelais du procès de Charles 1er dans la révolution anglaise. Même si Charles était beaucoup plus animé, tous les deux monarques avaient les mêmes tactiques.

Le lendemain, la discussion dans Convention était centrée autour de Louis. Puisque beaucoup des députés hésitaient à condamner leur roi à la mort, plusieurs autres options, tels que l’exile à l’Amérique du Nord et la vie en prison, ont fait surface.

« Louis XVI est-il jugeable pour les crimes qu'on lui impute d'avoir commis sur le trône constitutionnel ? Par qui doit-il être jugé ? Sera-t-il traduit devant les tribunaux ordinaires comme tout autre citoyen accusé de crimes d'État ? (…) Voilà les questions que votre comité de législation a longtemps et profondément agitées. » Jean-Baptiste Mailhe, député. Journal officiel de la Convention Nationale - La Convention Nationale (1792-1793).

Mais finalement, le peuple et le pays ne pouvaient plus attendre. Le vote devait être pris. Louis a été décidé coupable de trahison par un oui unanime, mais il fallait encore répondre à une question la plus influente et importante : quelle devrait être la pénalité pour la trahison du roi ? Avec 361 votes sur 749 personnes, la réponse était la mort. Le monarque Louis XVI, fils de Louis XV, était condamné à la mort immédiate à la guillotine.

Le 21 janvier 1793. Un jour qui ne sera jamais oublié dans les cœurs des français. Louis, le roi de France, monte lentement la plate-forme qui mène à la guillotine. Il est calme, composé et n’a que quelques traces vagues de désespoir sur son visage propre et nettoyé. Jusque comme à l’exécution de Charles 1er, il tente de garder son air royal et innocent. Cependant, lorsqu’on essaye de l’attacher les mains il panique et commence à crier. Il est forcé à se coucher, le cou exposé, et c’est à ce moment qu’il se résigne complètement. La foule attend et puis… Tchounk ! Avec un bruit sourd la lame de la guillotine tombe.

En fait, c’est intéressant comme cette révolution se compare la notre (anglaise) qui a eu lieu il y a une centaine d’années. Je trouve que celle-ci est beaucoup plus sanglante et menée par les tensions entre les classes sociales, tandis que l’autre était plus une guerre de religion. Même si les deux ont eu le même résultat (l’exécution du monarque), ce sont deux révolutions très différentes. Pourquoi vous vous demandez ? Je crois que la situation en France durant l’ancien régime était pire que celle en Angleterre, et combiné avec des années d’injustice et d’inégalité le peuple était poussé à l’extrémisme plus que dans notre pays. De toute façon, c’est ironique que cette révolution menée par le Tiers-état n’a pas « réussi ». La condition des pauvres n’est pas encore améliorée et avec Robespierre qui gagne de plus en plus de pouvoir, j’ ai l’impression qu’elle n’est pas prête à s’achever.

Thursday, May 7, 2009

Un début modéré

Les esprits parisiens prennent leurs essor après avoir écrasé un des symboles les plus impressionnants et comminatoires du pouvoir absolu, l’autorité totale et l’oppression. Une démonstration qui demeurera toujours dans les cœurs fiers des Français… la prise de la Bastille !

Il y a 2 jours, je visitais la Bastille avec l’intention d’écrire un article sur cette prison célèbre et symbolique. Je me promenais dans les tours, causais avec le gouverneur de la garnison Bernard de Launay et observais les soldats suisses qui renforçaient les murs. Apparemment ils avaient été prévenus d’une petite révolte d’environ 100 hommes qui allait avoir lieu bientôt. Le gouverneur m’a confié qu’il se doutait de la réalité de ces rumeurs, mais il avait eu des ordres et fallait les suivre.

A environ 15 heures, nous nous sommes assis pour diner. La nourriture était succulente. Nous étions juste en train de commencer le poulet frit au citron lorsque nous avons entendu des cris violents résonner dans les corridors et un soldat effrayé s’est précipité dans la salle à manger. « Messieurs, ils sont arrivés !! » Immédiatement la frénésie a éclaté. Des gens couraient ici et là et des ordres ont été hurlé à haute voix. M. de Launay est accouru au parapet pour voir ce que dont on parlait et, comme votre correspondante dévouée, bien sur, je l’ai suivi. Mais rien n’aurait pu me préparer pour la vue qui m’a sauté aux yeux.

Des milliers de parisiens entouraient la Bastille, remuant et mijotant comme une colonie de fourmis enragés. Ils étaient armés jusqu’aux dents et ils criaient « Nous voulons la Bastille !! ». Leurs voix faisaient presque trembler les murs épais de la forteresse ancienne. Le visage du gouverneur, cependant, est resté implacable, sauf pour quelques lignes de consternation vagues qu’on pouvait juste discerner. Cependant je pouvais voir dans ses yeux de la détermination et du courage. Après plusieurs minutes de confusion et de conversations, un petit groupe de personnes ont été admis dans à l’intérieur pour présenter leurs demandes avec ce dernier. J’étais là pour la discussion et j’étais choquée par l’arrogance et, même, la stupidité de Launay ! À la place d’accommoder aux requêtes de la foule (de la poudre à canon), il a fait semblant qu’il avait encore le contrôle, que sa Bastille précieuse pouvait résister à cette attaque. Quel homme insupportable ! Pendant ce temps, la foule dehors devenait de plus en plus impatiente. Quand les nouvelles ont sorti que le gouverneur a refusé, une vague de colère a passé à travers le peuple et les cris se sont élevés à nouveau, assourdissants. Après ce moment tout s’est déroulé vite et sans arrêt.

Tout d’un coup, comme par miracle, le pont-levis s’est ouvert et un torrent puissant de personnes s’est déclenché. Remplissant la cour principale, on a pu voir la foule… je dirais 50 mille personnes au moins !!

« La foule entra tout à coup, on nous désarma dans l'instant, et une garde fut donnée à chacun de nous »
Louis de Flüe, chef des mercenaires suisses
La prise de la Bastille, un récit du 14 juillet 1789


Les soldats ont pris leurs positions et la bataille a commencé. Comme je n’aime pas le sang et la mort, c’est à ce moment que je me suis excusée. Le reste on m’a dit le lendemain : l’exécution du gouverneur de Launay, la prise d’un des canons et la libération des prisonniers. J’ai des émotions mixtes et embrouillés… je crois que je suis contente que le peuple ait finalement pris action, mais j’ai l’impression que toute cette violence aurait pu être prévenue si Bernard de Launay avait accepté les termes de la foule.

Pour vous donnez, mes chers anglais, un peu de perspective sur cet évènement influent, j’ai fait un tout petit peu de recherche sur la Bastille. Originalement, elle a été construite durant la Guerre de Cent Ans pour protéger la ville des attaques ; une forteresse et une citadelle pour les citoyens. Cependant, avec l’influence du Cardinal Richelieu, Louis XIII l’a transformé en prison. Depuis ce temps, les français ont demeuré dans la terreur de la Bastille. Pour n’importe quel crime commis, d’un meurtre à un vol, une personne pouvait être condamnée à la vie dans cette prison, sans aucune chance d’en sortir. Les « lettres de cachet » du roi ont renforcé cette peur et cette soumission extrême. En ayant dit cela, la prise de la Bastille représente beaucoup plus qu’une attaque d’une citadelle fameuse, mais l’abolition et la destruction d’un symbole de l’autorité et le pouvoir absolu. Je crois que cet évènement va prouver déclencheur et je peux sentir une révolution dans l’air.

Monday, April 27, 2009

L'ancien regime

Un pays en désarroi, un ensemble de tensions montant, la pauvreté à chaque seuil... tout cela dans le premier article de "La Chronique Parisienne".

Salut à tous les lecteurs de « La Chronique Parisienne »! Je m’appelle Elisabeth Winchester et je suis votre nouvelle correspondante ici, en France. Il y a trois semaines, je suis partie d’Eastbourne sur un petit bateau très chouette pour atteindre Le Havre. De là, dans un carrosse, j’ai pris la longue route jusqu’à Paris, la majestueuse capitale de la France. Mais cette ville si fameuse et romanesque m’a choqué. Dans quelques quartiers, la pauvreté, le chômage, la famine et la mendicité sont tous des aspects patents de la vie quotidienne. Dans d’autres, plus près de Versailles, le luxe et la richesse dominent. Des enfants jouent comme des animaux dans les rues où des seigneurs portant des manteaux en soie passent sur de beaux chevaux nobles et forts. Comment est-ce que cela pourrait avoir lieu? La condition de la France est affreuse. Pour mieux comprendre, j’ai fait un peu de recherche que j’aimerais partager avec vous.

À ce moment, la société de France est très surannée, surtout en comparaison avec notre beau pays, l’Angleterre. Le peuple est divisé en trois ordres importants. Le premier ordre est celui du clergé et représente seulement 0.5% de la population. Mais même si elle est l’ordre la plus petite, l’Église Catholique possède 1/10 de la terre à cause de leur taxe imposé, la dîme! Le deuxième ordre (environ 1%) est la noblesse. C’est un ordre (ou un état) diversifié, car il comprend les Grands Nobles (ducs, comtes, etc.) ainsi que la petite noblesse. Ces deux premiers états ont le titre de ‘privilégiés.’ Finalement, il y a le troisième ordre, les roturiers. La majorité de personnes qui forment cet état sont des paysans, mais environ deux millions sont bourgeois. Le Moyen Âge est très influent ici et on peut le voir de la société hiérarchique jusqu’aux méthodes anciennes d’agriculture comme la jachère. J’ai l’impression que quelque chose va devoir changer bientôt pour accommoder aux besoins de ce pays croissant à toute vitesse…

Mais ce n’est pas seulement la société qui revendique un changement, mais, en effet, tout le pays. Les tensions culminent dans l’air comme de gros nuages orageux. Le pays est en dette extrême (pour plusieurs raisons comme l’élargissement de Versailles et le soutient de l’Amérique dans la révolution américaine), la bourgeoisie demande plus de pouvoir, le chômage est partout et les croyances fondamentales commencent à être ébranlées.

Hier, quand je me promenais sur le long de la Seine, je me suis arrêtée dans un petit café très pittoresque. Là, en buvant mon café (et non pas thé ~ ici ils ne savent pas comment bien le préparer… ces français!), j’ai eu le plaisir d’entamer une belle discussion avec quelques philosophes très sages. Un d’entre eux venait de lire un livre intéressant sur la dîme royale. Il m’en a lu une partie et j’ai cru que c’était assez bon pour l’inclure dans mon article.

"Près de la dixième partie du peuple est réduite à la mendicité ; des neuf autres parties, il y en a cinq qui ne sont pas en état de faire l'aumône à celle-là, parce qu'eux-mêmes sont réduits, à très peu de chose près, à cette malheureuse condition ; que des quatre autres parties qui restent, les trois sont fort malaisées et embarrassées de dettes ; et que dans la dixième où je mets tous les Gens d'Épée, de Robe, Ecclésiastiques et Laïques, toute la Noblesse haute, la Noblesse distinguée, et les Gens en Charge Militaire et Civile, les bons Marchands, les Bourgeois rentés et plus accommodés, il n'y en a pas (un dixième) qu'on puisse dire être fort à leur aise." Vauban, La Dîme royale, 1709, cité dans Documents d'Histoire Vivante, Éditions Sociales [sans date]

La France est dans une situation extrême et affreuse. Comment est-ce qu’elle va résoudre ces enjeux variés et complexes? Il reste à voir.